Ghaïda Nawam: La sensibilité n’est pas une faiblesse elle nous aide à voir les choses différemment et à être solidaires

Ghaida Nawam

Ghaïda Nawam est la cofondatrice de Nusaned, une ONG libanaise qui a vu le jour il y a peine un an et qui a rapidement grandi.

Aujourd’hui Nusaned fait partie d’un consortium d’ONG locales couvrant plusieurs régions libanaises. Elle est aussi la partenaire de CARE International sur des projets de reconstruction de Beyrouth.

«Depuis que j’étais petite ma mère m’amenait avec elle pour prendre part à des activités caritatives.  Et il y a deux ans, j’ai pensé prendre une année sabbatique pour partir à l’étranger avec des amis pour faire du volontariat et aider ceux qui sont dans le besoin. Et puis il y a eu au Liban le soulèvement du 17 octobre 2019 et je me suis dit que je suis capable désormais de changer les choses pour le meilleur dans mon propre pays », explique-t-elle. «C’est ce soulèvement d’octobre qui m’a donné espoir dans le changement et cela en réalisant qu’il y a  des dirigeants de mon âge qui n’ont pas servis le pays», souligne la quadragénaire.

Cette mère de trois enfants âgés entre 23 et 17 ans mariée à un homme également impliqué dans la vie associative est avant tout une carriériste.

« Je travaille depuis mes années à l’université. Une fois  mon diplôme en poche, j’ai travaillé dans le marketing  auprès de plusieurs entreprises. En 2006, j’étais à un post de management d’une multinationale et j’étais en charge de 11 pays de la région. Mon père était malade et mon fils avait six mois. J’étais en voyage et j’ai pris la décision de démissionner pour m’occuper de ma famille », raconte-t-elle.

« J’ai tenu quatre mois à la maison », dit-elle dans un éclat de rire. Très vite Ghaïda Nawam monte sa propre compagnie entre Hong Kong et Beyrouth et se spécialise dans les cadeaux d’entreprises. C’est un succès.

Ghaida Nawam

En décembre 2019, elle décide de venir en aide aux moins privilégiées et commence  à aider dans l’une des régions les plus pauvres du Liban. Elle met le cap sur Tripoli, la ville la plus pauvre du pays et le Akkar, le caza le moins développé.

« Je  n’avais jamais vu autant de pauvreté et j’ai commencé à lever des fonds en lançant des appels aux dons sur ma propre page Facebook », raconte-t-elle. Elle créé ensuite des groupes Whats’app et monte un projet d’assainissement des maisons. Dans un premier temps elle parvient à collecter 500.000 dollars et de travailler 100 habitations dont certaines n’avaient ni cuisine ni salle de bain.

Elle enregistre son ONG peu avant l’explosion de Beyrouth en août 2020. Avec la catastrophe, elle applique dans la capitale ce qu’elle faisait dans le Akkar et entame la restauration des maisons endommagées. D’autres projets suivent rapidement.

Même si elle fait partie de la classe aisée de Beyrouth, elle n’a jamais était indifférente à la souffrance. «Au Liban, très rapidement, on est confronté à l’injustice. Je me rappelle de la première dévaluation de la livre durant les années quatre-vingt, quand je ne sais plus ce que j’avais demandé à mon père et il m’a dit nous ne pouvons pas nous le permettre. Au début je n’avais pas compris et sa réponse m’avait choqué.  Aujourd’hui, je me mets à la place de toutes les personnes qui n’ont plus les moyens d’acheter des choses à leurs enfants », dit-elle.

«La sensibilité n’est pas une faiblesse au contraire elle peut nous aider à voire les autres différemment et à être solidaires », souligne-t-elle en conclusion.

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